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LE GOUT DU VIN

 

Pourquoi un blog s'intitulant "Le Goût du vin"? Parce que j'ai la chance, depuis longtemps, de goûter en condition de dégustation professionnelle, plusieurs centaines de vins par an. Ce blog me permettra de vous faire partager le résultat de ces dégustations. Car, si vous êtes acheteur de vins, plus le nombre d'avis est grand et moins vous avez de chances de vous tromper. Si vous achetez un vin de Bordeaux en primeur, par exemple, sans l'avoir vous-même goûté, vous ne saurez que bien des années après si votre choix était bon. Je ne prétends pas détenir LA vérité, mais je veux simplement vous apporter mon avis, qui en vaut bien d'autres... Vous y trouverez également des focus, développant un regard plus approfondi sur un, vin, une propriété...Et je vous ferai part de temps en temps de mes humeurs et de mes réflexions sur le vin et tout ce qui l'entoure. Bien sûr, je serai très heureux si ce blog devient un lieu d'échanges, de discussions passionnées entre amateurs, et de confronter vos avis aux miens.
Buvez de bons vins avec modération, le plaisir n'en sera que plus grand.

Voici, comme chaque année maintenant, mes impressions après dégustation des vins disponibles à la vente en cette année 2010.
COLOMBEY 2006 (AOC Bordeaux) : Couleur moyenne. Du fruit, de la cerise avec de légères notes d'évolution vers le cuir. Bouche souple, légèrement animale. Tanins souples, coulant.
Château BONNET rouge 2006 (Bordeaux) : Très jolie couleur rubis. Le nez est très sympathique, sur les fruits rouges, avec des notes vanillées bien dosées. Bouche souple, bien constituée, plutôt gourmande. *
Château GROSSOMBRE 2005 (Bordeaux) : Couleur moyenne. Le nez est sur les fruits noirs, avec une certaine profondeur. La bouche est bien structurée, mais moyennement dense, avec des tanins très fins.
Château GROSSOMBRE 2004 (bordeaux) : Couleur moyenne +. Le nez est "sérieux", sur les fruits noirs. La bouche est bien constituée, assez serrée. Un peu d'austérité.
Château BONNET RESERVE  rouge 2006 (Bordeaux) : Sous le bel habillage vanillé, de très jolis arômes de fruits rouges et noirs, un peu d'épices. La bouche est flatteuse, assez gourmande. Bons tanins. *
Château BONNET RESERVE rouge 2005 (Bordeaux) : D'un style beaucoup plus volumineux, il est en phase de renfermement aromatique. Le nez digère le bois. La bouche est ample, très construite. Tanins très fins. ***BONNET.jpgChâteau Bonnet, la référence en AOC Bordeaux
Château BONNET RESERVE rouge 2004 (Bordeaux) : Il est également encore un peu retenu, structuré, mais il commence à s’ouvrir sur de belles notes épicées et de pruneau. Les tanins sont fins. *

Château TOUR DE SEGUR 2006 (Lussac Saint-Emilion) : Il présente d’ores et déjà un charme certain. On remarque cependant une petite amertume sur les tanins, qui demandent encore à se fondre.

Château COUCHEROY rouge 2007 (Pessac-Léognan) : Couleur moyenne. Le nez est discret, sur les fruits rouges. La bouche est croquante, avec des tanins très souples. A apprécier rapidement, sur sa fraîcheur.

Château COUCHEROY rouge 2006 (Pessac-Léognan) : Couleur de bonne intensité. Le nez est assez puissant, montrant qu’il a bien évolué ces derniers mois. La bouche s’équilibre également sur une bonne finesse, avec des tanins apaisés. Se goûte bien mieux qu’il y a quelques mois. *

Château LABARDE 2007 (Haut-Médoc) : Bonne couleur. Le nez est très séduisant, avec un fruit élégant. La bouche est assez coulante, mais bien constituée. Se goûte très bien. **

Château LABARDE 2006 (Haut-Médoc) : Bonne couleur. Le nez offre des notes de kirsch, de fruits rouges et noirs. La bouche est de belle structure. Il se goûte bien également. **

Château BARBE BLANCHE 2007 (Lussac Saint-Emilion) : Belle couleur, assez dense en ce petit millésime. Le nez est bien mûr, avec de légères notes de cachou. Il n’est pas très dense en bouche, assez souple et peut s’apprécier dès maintenant, sur son fruit. *

Château BARBE BLANCHE 2006 (Lussac Saint-Emilion) : Couleur profonde, dense. Le nez est un peu fermé, mais très fin, très élégant, sur des fruits rouges. La bouche est souple et coulante, tanins soyeux. Se goûte très bien. *BARBE BLANCHE 1Château BARBE BLANCHE

Château de ROCHEMORIN rouge 2006 (Pessac-Léognan) : Couleur dense. Le nez est très mûr et habillé d’un boisé assez toasté. Cela se retrouve en bouche, d’une densité moyenne avec un caractère torréfié en retour. Tanins fins, se goûte bien. *

Château de ROCHEMORIN rouge 2005 (Pessac-Léognan) : Couleur profonde. Le nez est encore fermé. La bouche présente une superbe structure, tout en finesse. Tanins de très beau grain. A attendre encore. ***

Château de ROCHEMORIN rouge 2004 (Pessac-Léognan) : Couleur profonde. Le nez commence à bien s’ouvrir, sur les fruits noirs, très nets, très cabernet. La bouche est ample, de bonne construction, avec des tanins fins. **

Château de CRUZEAU rouge 2005 (Pessac-Léognan) : Couleur profonde. Le nez est en phase d’ouverture, avec une explosion de fruits, très gourmande, une belle structure. Tanins fins. Superbe bouteille qui peut se boire dès à présent mais qu’on attendra avec bonus. ***CRZ-1.jpgChâteau de CRUZEAU, la maison bourgeoise au milieu des vignes

Château de CRUZEAU rouge 2004 (Pessac-Léognan) : La couleur est assez profonde et le nez s’ouvre sur des notes de maturité, un peu d’épices, de fruits cuits. La bouche est plutôt souple, avec une bonne matière qui emplit bien la bouche. Tanins fins. *

LABASTIDE DAUZAC 2007 (Margaux) : Très belle couleur dense, pour le deuxième vin de Château Dauzac. Le nez est très élégant, avec de petites notes de tabac mêlées aux fruits noirs. Bonne maturité en bouche, avec des tanins fins. **

LABASTIDE DAUZAC 2006 (Margaux) : Bonne couleur. Le nez s’ouvre sur un vin qui évolue déjà vers des notes de fruits noirs, d’épices. La bouche est de densité moyenne. Se goûte bien. *

Château COUHINS-LURTON rouge 2006 (Pessac-léognan) : Couleur très profonde. On retrouve les notes torréfiées qui font le style de château, avec des notes de tabac brun. La bouche est dense, riche, charnue, avec des tanins fins. **

Château LA LOUVIERE rouge 2004 (Pessac-Léognan) : Très belle couleur. Le nez n’est pas encore totalement ouvert mais il montre déjà toute son élégance. La bouche est très bien équilibrée, avec une jolie trame, un charme fou. C’est d’un grand classicisme. ***

Château DAUZAC 2004 (Margaux) : Enorme couleur. Ce vin affiche une très belle  intensité. Le nez, quoiqu’encore fermé est très élégant, bien boisé, sans excès. La bouche est bien structurée, ample, avec une superbe finesse, une grande élégance. Les tanins sont de classe. Il peut se goûter avec plaisir mais sa puissance et son équilibre lui assurent 10 ans de garde. ***

Château BONNET rosé 2009 (Bordeaux rosé) : Jolie couleur œil de perdrix. Délicieux arômes de fraise de groseille. Délicieusement gourmand en bouche, avec une petite pointe de gaz pour la fraîcheur. ***

Château de ROCHEMORIN, blanc 2008 (Pessac-Léognan) : Explosif au nez, sur des fruits jaunes et de belles notes de sauvignon mûr, agrumes. La bouche est très ample, très gourmande. Il plaira aux amateurs de vins jeunes et sa très bonne acidité l’accompagnera plus longtemps. **

Château de CRUZEAU , blanc 2007 (Pessac-Léognan) : Fermé et sur le bois, il est à goûter à nouveau dans un an.

Château COUHINS-LURTON blanc 2007 (Pessac-Léognan) : D’un style étonnamment moins tranchant qu’à l’habitude, il se goûte bien dès à présent. Fin, légèrement minéral, à apprécier sur sa jeunesse.

Château LA LOUVIERE blanc 2007 (Pessac-Léognan) : Jolis arômes très pleins, très classiques, avec un beau volume. La bouche est ample et dense, avec une acidité peut-être un peu basse qui lui permettra d’évoluer assez vite.

Parmi les vins que j'ai eu l'occasion de déguster pendant ces fêtes (je vous rappelle que je ne vous présente que des vins dégustés en condition professionnelle, c'est à dire hors repas, car je me méfie de tout apport de saveurs et d'odeurs externes), je veux quand même vous dire quelle émotion a été, une magnifique bouteille de Gewurztraminer Vendange Tardive 1990 de la maison Trimbach à Ribeauvillé (grands crus Geisberg-Osterberg). Fidèle au style Trimbach, cette bouteille était d'une élégance, d'une pureté aromatique, d'une précision tout à fait exceptionnelles, avec une minéralité superbe incroyablement dosée. Loin de tout style tapageur, cette bouteille s'inscrivait comme une évidence, avec un sucre résiduel se faisant presque oublier. C'est ce qui, pour moi, définit un grand vin.

Voici pour finir cette année 2009 de dégustation, quelques vins grappillés dans le bordelais, et non encore chroniqués. Comme ils ne sont pas sans intérêt, je vous les propose ici.

Château CHANTELYS 2005  (Médoc) : située à Prignac, dans le nord du Médoc, cette propriété propose le plus souvent des vins très intéressants, de style classique. Bonne couleur, assez dense. Du fruit au nez, très typique du millésime, c'est-à-dire de type « froid », sans trace de sur maturité, très pur. La bouche a de la puissance, de la densité, très serrée, et s’achève sur des tanins fins. **

Château CHANTELYS 2000 « Cabernet-sauvignon » (Médoc) : En 2000 ce château a mis en bouteilles une petite partie de la vendange sans assemblage. Il y a donc du Chantelys Merlot, du Chantelys Petit-Verdot et du Chantelys Cabernet-Sauvignon, que j’ai eu l’occasion de goûter récemment. La couleur est magnifiquement profonde et très fraîche. Le nez présente le cabernet-sauvignon dans toute sa splendeur, bien mûr, sur de très beaux arômes de cassis, encore très frais. La bouche offre un velouté et une densité remarquables, que confirment les tanins finaux. Une excellente bouteille, à son apogée, qui peut vieillir encore une bonne dizaine d’années tant l’équilibre y est bon. ***

Château des GRAVES 2005 (Graves AOC) : Situé sur la commune de Portets à 35 Km au sud de Bordeaux, qui présentent des terroirs de qualité, c’est une petite propriété d’une dizaine d’hectares cultivés en culture raisonnée.  Ce 2005 présente une bonne couleur, dense. Le nez exhale un joli fruit classique, marqué par le merlot : bigarreau, cassis. La bouche est puissante et s’achève par des tanins soyeux. L’ensemble est plaisant, et peut se boire dès à présent. *

Château LE CARILLON 2006 (Pomerol) : En fait, il s’agit du deuxième vin de Château Rouget. Très beau nez, élégant, avec de la noblesse, mis en valeur par un bel habillage boisé. La bouche a une belle puissance. Tel quel le vin a déjà évolué et s’est fondu. Il est prêt à boire, sur ses très bons tanins. *

Château TOUR DE MONS 2006 (Margaux) : Situé à Soussans, sur la partie nord de l’appellation, sur des sols argilo-graveleux. Le nez est de qualité, élégant, et finement boisé. La bouche a une bonne constitution, mais les tanins, caractéristiques du millésime, sont à ce jour encore un peu austères et demandent à se fondre. *

Château FLEUR PEYRABON 2006 (Pauillac) : J’ai déjà eu l’occasion de vous le présenter. Situé sur l’arrière de Pauillac, près Haut-Batailley, sur une appellation disposant de peu de crus bourgeois. Beau nez élégant. La bouche est d’une très belle constitution, ne sacrifiant pas tout à la puissance, bel équilibre. Les tanins finaux, quoiqu’abondants, sont d’un grain très soyeux. Bon avenir. **

Château BEL AIR 2005 (Saint-Estèphe) : Toute petite propriété située parmi les grands crus de Saint-Estèphe (Cos d’Estournel et Haut-Marbuzet entre autres). Couleur très profonde. Le nez est peu expressif, refermé à ce stade. C’est la puissance qui domine ici, avec une belle matière, très serrée, et qui s’achève sur des tanins soyeux. Il serait dommage de le boire, il a un long avenir devant lui. **

Château GRAND MAYNE 2002 (Saint-Emilion Grand Cru AOC, Grand cru Classé) On connait bien ce château qui figure parmi les adresses les plus régulières de son appellation, très bien situé en bord de plateau. Il était intéressant de voir ce que peut donner ce millésime, considéré souvent comme moyen, en particulier sur la Rive Droite. Couleur dense. Le nez s’ouvre et est très expressif, de grande qualité. La bouche affiche une puissance impressionnante et un caractère très mûr pour un « petit » millésime. C’est rond et goûteux, avec des tanins mûrs et soyeux. Une belle bouteille à boire sur les cinq ans qui viennent pour le moins.

En 1997, Jacques Lurton fit son voyage de noces à l’autre bout du monde, en Australie. Il découvrit à cette occasion cette merveilleuse île, nommée Kangaroo Island, située au large d’Adélaide, au sud-sud-ouest de l’île-continent. Il y pressentit un considérable potentiel viticole (ce sens de l’anticipation est génétique chez les Lurton !). Il parvint en 1999 à acquérir 11 ha de sols parfaitement drainés et exposés, pour y planter des cépages qu’il connaissait bien : cabernet sauvignon, sangiovese, malbec, shiraz, grenache, viognier, sémillon. L’autre attrait de Kangaroo Island est son climat, assez frais et sec pour autoriser des maturités de raisins lentes, autre grand facteur de qualité. C’est à Vayres, entre Bordeaux et Libourne, chez le frère de Jacques, François, que j’ai pu goûter plusieurs de ces vins.

THE ISLANDER « WALLY WHITE » 2007 (90% sémillon, 10% viognier). Jolis arômes complexes qui mêlent les fruits blancs, la pêche, les agrumes confits, des notes muscatées. La bouche a de la densité, un volume assez impressionnant. C’est très plaisant et on peut penser que le sémillon s’exprimera plus avec deux à trois ans de bouteille supplémentaires. *

THE ISLANDER « BARK HUT ROAD » 2004 (65 % cabernet sauvignon, 30% shiraz, 5% viognier). Le nez est magnifié par la présence du viognier sur les fruits rouges, macérés, les épices. Ce 2004 évolue vers des notes de cuir qui se développent en bouche. Les tanins, vigoureux, sont ceux du cabernet sauvignon, qui assure la structure, ferme. **

THE ISLANDER SANGIOVESE 2005 : Jolies notes de cuir et d’épices. C’est un sangiovese très classique en définitive, avec des tanins fins, et du jus, qui le rend très gourmand. *

THE ISLANDER YAKKA JACK 2004 : (Cabernet franc 73 %, Sangiovese 27 %) Couleur profonde. Le nez est complexe, à la fois floral au premier abord, puis fruits compotés, humus. La bouche est ronde et souple. Elle se développe sur la finesse et l’élégance plus que sur la puissance. Le sangiovese apporte ses tanins si suaves et on a un vin sans exubérance, très « froid » pour l’Australie. Bonne longueur, pour ce vin qui est sans doute à son apogée. ***

En 1972, l’œnologue français Bernard Portet repéra le terroir de Stags Leap, dans la Napa Valley pour le compte d’un riche américain, qui y fit l’achat d’une soixantaine d’hectares. Cette « vallée dans la vallée » fut déterminée pour être le territoire du cabernet sauvignon, et dès le début la qualité de ce terroir fut reconnue par la participation au « match » de Paris de 1976, opposant grands bordeaux et grands vins de la Napa Valley. En 1973, le domaine fut complété par l’achat de plus de 70 ha supplémentaires dans la vallée de Carneros, située au sud de la Napa Valley. Cette deuxième partie du domaine présentait des caractéristiques permettant la culture des cépages bourguignons avec l’espoir d’y produire de grands vins. John Goelet, le propriétaire, est un descendant direct de la famille Guestier, famille de courtiers et de négociants bordelais. Sa recherche de nouveaux grands terroirs à vigne partout dans le monde l’a conduit à rassembler aujourd’hui les propriétés suivantes, outre Clos du Val : Taltarni Vineyards en Australie, Clover Hill en Tasmanie (île située au sud de l’Australie), Lalla Gully également en Tasmanie, et le Domaine de Nizas à Pézenas dans le Languedoc.

J’ai récemment eu l’occasion  de déguster deux vins de Clos du Val. Les voici :

CLOS DU VAL CHARDONNAY 2007 (Donc, issu de la zone de Carneros, au nord de la baie de San Francisco). Aromatiquement, on est dans un chardonnay de région chaude, agrumes, orange, fruits exotiques. Note fumée, plus boisé, fin et discret (Barriques de chêne français, à 20 % neuves). La bouche est bien tendue, elle évite la lourdeur des chardonnays trop solaires. C’est un bon vin, avec un équilibre très réussi. **

CLOS DU VAL  2006 (Issu de 85% de cabernet sauvignon, 6% cabernet franc, 5% merlot et 4% petit verdot). Il présente un très beau nez de cabernet, très classique, sur les petits fruits noirs : mûre, cassis, myrtille, avec un boisé fin et discret (barriques françaises avec 25 % de neuves). La bouche a une bonne densité, avec une structure très serrée, très charpentée. Tanins fins. Il y a du jus, cela se goûte bien sur le fruit, mais on peut penser que la structure lui permettra de bien vieillir. **

 

J’avais déjà eu l’occasion de déguster les vins de Clos du Val il y a une quinzaine d’années, parmi d’autres wineries de la Napa, et j’avais trouvé qu’il était parmi les seuls à proposer des vins équilibrés, à la fois mûrs, pleins, élégants et sans lourdeur. Je me souviens que beaucoup hésitaient alors entre des cabernets « désaltérants » et des vins d’excès (trop mûrs, trop extraits, trop boisés). Cette belle propriété avait déjà trouvé son style

Situé en Corse du sud, à 15 km au sud de Sartène, (c'est-à-dire au sud-ouest de la Corse) le Domaine Pero Longo est cultivé en bio depuis 2000 et a accédé à la biodynamie plus récemment. Pierre Richarme, le propriétaire, cultive des cépages autochtones : vermentinu en blanc, sciaccarellu, niellucciu en rouge. Mais le grenache est aussi présent, sur ce terroir d’arènes granitiques, bien ventilé.

 

DOMAINE PERO LONGO BLANC CUVEE SERENITE 2006 (AOC Corse Sartène) : Nez puissant de fruits mûrs, pêche blanche, fruits exotiques, avec une note muscatée. La bouche est ample et riche. Bonne fraîcheur, long en bouche. *

DOMAINE PERO LONGO ROUGE CUVEE EQUILIBRE 2006 (AOC Corse Sartène) : Issu de sciaccarellu, de niellucciu, et de grenache. Beaucoup de couleur. Le nez est à la fois sur les fruits rouges, la cerise, la mûre, le cassis. La bouche est ample et riche, gourmande, avec des tanins fins. C’est un vin délicieux. **

DOMAINE PERO LONGO ROUGE CUVEE EQUILIBRE 2007 (AOC Corse Sartène) : Il est intéressant de comparer deux millésimes, même proches. Ce 2007 offre la même couleur bien dense que le 2006. La nuance épicée, balsamiques du maquis corse est plus sensible. La bouche est plus en finesse, et l’ensemble est très bon. ***

DOMAINE PERO LONGO ROUGE CUVEE LE LION DE ROCCAPINA 2006 (AOC Corse Sartène) : Le domaine est situé à quelques kilomètres de ce rocher rappelant une silhouette de lion. Il a donné son nom au grand vin du domaine, issu du seul niellucciu. Moins juteux, moins sur les fruits noirs, mûre-cassis, il s’exprime plus sur des notes méditerranéennes de maquis. La bouche est très structurée, plutôt stricte, me semble t’il un peu fermée. La finale est tannique, assez vigoureuse. Il demande un peu de temps pour se relâcher. **

Le domaine Comte Abbatucci couvre 18 ha, et a la particularité d’être un lieu de recherche sur 18 cépages autochtones de Corse. Il est bien sûr, cultivé en biodynamie , sur des terroirs d’arènes granitiques.

CUVEE FAUSTINE BLANC 2008 AOC Ajaccio : 100 % vermentinu. Jaune paille. Magnifiques arômes de fruits blancs et d’agrumes, avec une note de fenouil. Il fait preuve d’une belle présence en bouche et s’étire longuement. **

CUVEE « GENERAL DE LA REVOLUTION » 2007 AOC Corse Ajaccio : Il est construit sur 6 cépages (biancone, carcajolo bianco, Paga debitti, Rossula Brandica, Vermentino, riminese). Il s’exprime sur la minéralité, d’abord, mais aussi sur les fruits blancs. Il est très tendu en ouche et très long, c’est un vin superbe. ***

CUVEE « IL CAVALIERE, DIPLOMATE D’EMPIRE » 2007 AOC Corse Ajaccio : Issu lui aussi de cépages autochtones et originaux : Brustiano, Genovese, Rossala bianca, Vermentinu, Biancu gentile. Jaune paille. Il offre un très beau volume au nez, fleurs, fruits blancs, notes épicée et minérale. La bouche est puissante, large, mais profonde, complexe et longue. C’est un très beau vin. ***

CUVEE FAUSTINE ROSE 2008, AOC Corse Ajaccio : Issu de cépage Barbarossa avec du Sciacarellu. Rosé très pâle. Jolis arômes de fruits rouges puis abricot, avec des notes florales très fines. Cette finesse est sa marque, cela en fait un joli rosé désaltérant. *

CUVEE FAUSTINE ROUGE 2007 , AOC Corse Ajaccio : Il est lui, issu de Sciacarellu 60 %, et de Niellucciu 40 %. Il présente un nez complexe, de fruits rouges, d’épices, de végétation méditerranéenne, de fruits macérés. Développement superbe en bouche avec une longueur très intéressante. **

CUVEE « LE MINISTRE » 2007, AOC Corse Ajaccio : C’est un assemblage de 7 cépages anciens : Morescola, Morescono, Aleatico, Carcajolo nero, Montanaccia, Sciacarellu, Niellucciu !!! Le nez est plutôt sur les fruits noirs, mais on y trouve des notes épicées et animales. La bouche révèle des fruits cuits, pruneau à l’eau-de-vie, et des notes de cuir. Belle longueur. **

 

Cette dégustation est passionnante, car elle met en évidence la richesse ampélographique de la Corse, et les vins du Domaine, issus de biodynamie, mettent particulièrement en valeur le terroir corse. Une belle découverte pour moi.

Les vins du Nouveau Monde sont généralement dégustés dans les premières années de leur vie. On manque ainsi de points de repères pour juger de l’avenir de ces vins, et, souvent, on pense que tous les millésimes sont semblables, de type solaire. Récemment, j’ai eu la possibilité de faire une petite verticale du Gran Lurton, vin produit par Jacques et François Lurton sur leur exploitation de Vista Flores, province de Mendoza, Argentine. Cette exploitation est située sur les contreforts des Andes qui procurent une certaine fraîcheur, surtout nocturne, avec des sols variés. Cette cuvée, qui fut la première de la gamme avec l’ambition de produire un vin de terroir, haut de gamme, est issue de cabernet sauvignon à 100 %.

 

GRAN LURTON 2000 : Couleur assez dense, disque à contour orangé, nuance de brunissement. Le nez est mûr et évolue vers le pruneau confit, les épices douces. Les tanins sont très veloutés. Je pense que ce vin est à son apogée.*

GRAN LURTON 1999 : La couleur est plus franche, profonde. Le nez est encore légèrement fermé. D’ailleurs, en rétro-olfaction des arômes de fruits noirs et rouges, d’épices s’affirment. L’ensemble présente une structure plus ferme, plus verticale que le précédent. Beau vin. **

GRAN LURTON 1998 : Couleur assez évoluée. Le nez est marqué par les fruits noirs, nuances de tabac plutôt que d’épices. La bouche est moyennement puissante et dense, avec une acidité marquée. Le tout donne un équilibre « plus européen ».

GRAN LURTON 1997 : Couleur évoluée. Le nez est à la fois animal et épicé. La bouche est dégagée, avec des tanins soyeux. A sans doute dépassé son apogée.

GRAN LURTON 1996 : La couleur est évoluée mais d’une belle densité. On retrouve un joli fruit au nez (rouges et noirs) ainsi que des épices.(cardamome, cannelle, muscade). La bouche offre une belle structure, et un équilibre très satisfaisant. Les tanins sont fondus et veloutés. **

 

Goûtés entre 9 et 13 ans ces vins montrent nettement que tous les millésimes présentent une personnalité, un équilibre différent. Si les meilleurs ont tenu et peuvent tenir encore quelques années, je pense que la garde moyenne à conseiller est de 7 à 10 ans. Ce sont peut-être les millésimes les moins solaires, bénéficiant d’un peu plus d’acidité qui franchissent le plus aisément les années. 1996 et 1999 proposent des rendez-vous intéressants.

Le domaine Pignier est un domaine qui existe depuis le XIIIème siècle ! Il fut alors fondé par des moines chartreux. Actuellement il couvre 15 ha  sur la commune de Montaigu. Il est cultivé en bio-dynamie et c’est toujours à l’occasion de la dégustation de l’association « Renaissance des Appellations » lors de Vinexpo 2009 que j’ai fait sa connaissance.

 

CREMANT DU JURA : Jolie mousse fine. Le vin est très vif, élégant, et le chardonnay qui le compose ne s’exprime pas beaucoup. Il gagnera à être gardé quatre ou cinq ans je pense. A revoir.

POULSARD « EN CHÔNÉ » 2008 : Vinifié sans soufre, il présente une couleur moyenne. Il offre un côté animal, puis de jolis fruits rouges sous-jacents. Il m’est conseillé de le passer en carafe avant le service.

COTES DU JURA « GPS » VIN BLANC D’ANTAN 2008 : Ce GPS ne cherche pas son chemin, il est simplement issu de « gamay blanc » (chardonnay), de Poulsard et de Savagnin et n’est pas soufré. Il est très marqué par les agrumes : pamplemousse rose et citron en particulier. La bouche est fraîche, vive et offre une bonne longueur. **

COTES DU JURA « A LA PERCENETTE » 2007 : C’est un chardonnay venu sur un sol de schistes et d’argiles fines. Il est élevé en futs. Joli nez d’agrumes et de fleurs blanches, avec une note de mie de pain très passagère. La bouche s’étale ensuite, puis se développe en profondeur, sur des notes de belle maturité (grillé). **

VIN JAUNE 2002 : Produit sur les marnes bleues du lias, dans la reculée du Val de Vallière. Très bel équilibre, avec une légèreté remarquable. Des notes de curry en avant, puis des notes très fines de noix, sans rancio. Son style aérien le rend tout à fait remarquable. ***

Les vins ont été dégustés à l’occasion de Vinexpo 2009, au sein de l’association « Renaissance des Appellations. Le vignoble est donc cultivé en bio-dynamie

 

ARBOIS CHARDONNAY «  LES GRAVIERS » 2007 : Très beaux arômes de fruits secs, de fleurs. La bouche est ample riche, puissante. Le tout avec un bel équilibre tendu par une juste fraîcheur. ***

ARBOIS CHARDONNAY « LE CLOS DE LA TOUR DE CURON » 2006 : Le terroir est ici très calcaire, très difficile à cultiver, la pente étant très raide, plein sud. Travail au cheval, sur des vignes plantées en 2002. Beaux arômes de fruits jaunes, d’agrumes et de fruits exotiques (ananas). La bouche est ample et la finale joue sur la minéralité. Très prometteur lorsque les vignes seront plus âgées. **

CÔTES DU JURA « EN BARBERON » 2007 : Pinot noir. De couleur moyennement dense. Nez très bourgeon de cassis, cassis, fruits noirs. La bouche est assez puissante, tendue, et les tanins finaux sont serrés. *

ARBOIS SAVAGNIN 2005 : On est dans le classique jurassien, avec le style vin de voile, aux puissants arômes de noix, de céleri, très épicé. Beaucoup de puissance en bouche, et des tanins très fins. Magnifique vin. ***

« SPIRALE » 2006 : Liquoreux de savagnin, poulsard et chardonnay, passerillé sur clayettes durant 6 mois. Ce vin présente beaucoup de liqueur. C’est très confit, fruits secs et épices, mais le passerillage a conservé la vivacité. D’une grande longueur, c’est remarquable. ***

 

Stéphane Tissot est bien un remarquable vinificateur. Cette courte dégustation qui donne un aperçu de ses talents en est une nouvelle preuve.

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