humeurs et réflexions

Je remarque dans les mots-clés qui ont conduit certains visiteurs vers ce blog : "livre le goût du vin" : en effet, j'ai emprunté le nom de mon bog au titre d'un livre écrit au début des années '80 par le professeur Emile Peynaud (Dunod, éditeur). Qui était Emile Peynaud ? Un immense professeur d'oenologie de l'Université de Bordeaux, qui a eu, dans une période que je situe aux alentours de 1975-1982 tout particulièrement, une influence capitale dans l'évolution des vins de Bordeaux. D'une part il a encouragé la vendange de raisins à une plus grande maturité, et à une maturité plus contrôlée, et surtout il a été le révélateur de la technologie moderne en viticulture, cuverie en inox, températures de fermentation contrôlées. De même il a eu une activité de conseil très influente auprès de prestigieux grands crus classés. Il correspond également dans l'Histoire des vins de Bordeaux à une période que je qualifierai "d'oenologie triomphante", c'est à dire à celle où on pouvait se dire que le chai rattraperait toujours tout ce qui avait pu arriver à la vigne. On a vu récemment de nombreux très grands vignerons affirmer que l'essentiel de leur travail était à la vigne, que la vinification et l'élevage pouvaient presque se faire tout seuls, dès lors que le raisin arrivé au chai était parfait ; c'est un évolution capitale par rapport à cette époque, plus productiviste, avec des rendements plus élevés, et l'utilisation à la vigne de toute la pharmacopée possible.
Emile Peynaud écrivit dans ce début des années '80 ce livre énonçant le pourquoi du goût du vin, mais aussi proposant une technique et une normalisation du vocabulaire de la dégustation. Evitant les images éculées et folkloriques "il a de la cuisse..." il s'attacha à inscrire la dégustation dans un processus plus rigoureux, plus scientifique. J'ai beaucoup utilisé ce livre à mes débuts. Il m'a permis tout d'abord de me connaître (longtemps après, je pense que c'est un point fondamental pour tout dégustateur : la dégustation est une introspection), d'apprendre à identifier mes "capteurs", avec leurs forces et leurs faiblesses, de façon à être le plus régulier, le plus neutre, le moins influencé possible par l'environnement de la dégustation. C'est pour lui rendre un hommage discret que j'avais choisi ce nom.
Pour conclure cet article, je dirai que des dégustations verticales faites il y a quelque années m'ont appris quelque chose d'autre. Je pense en particulier à une dégustation de vins blancs faite au Château La Louvière, avec des vins vinifiés sous l'influence d'Emile Peynaud, puis sous celle du professeur Denis Dubourdieu (disons pour simplifier vinification en barrique avec bâtonnage des lies, au lieu de vinfication en cuve). Les vins qui avaient presque le même âge, (environ vingt ans) vinifiés selon une méthode ou l'autre, se ressemblaient bigrement : ce n'était plus la façon de vinifier qui était importante, le terroir avait pris le dessus, et bien sûr, il était permanent et définissait l'identité profonde du vin.

Amis visiteurs, acceptez tous mes voeux pour 2008. Je vous souhaite de nombreuses et belles dégustations, tout au long de cette année, de belles découvertes (on peut toujours être émerveillé par la découverte d'un vin même si beaucoup le connaissent déjà), et je souhaite également que les grands vins restent accessibles au plus grand nombre des amateurs. Il est bien dommage que ces vins soient de plus en plus réservés aux nouveaux riches des pays de l'Est ou d'Asie, pas forcément aptes à les apprécier dans leur pleinitude, à les consommer dans des conditions dignes de leur qualité. Il est vrai que ces vins sont de plus en plus nombreux à appartenir à des groupes de l'industrie du luxe, et à être vendus comme tels...une autre façon de faire rêver avec eux : moins sur leurs qualités gustatives que sur la capacité à se les procurer, qui signe l'appartenance à une élite sociale.  Je souhaite à tous les vignerons du monde une année qui les mènera sans encombre de la fleur au fruit, du fruit au vin, car, quel que soit le terroir, c'est toujours beaucoup de travail, d'espoirs, d'investissement - pas seulement financier- que la naissance d'un millésime. Enfin, parmi toutes les évolutions que connait le monde du vin, je souhaite que les vins qui respectent le terroir de leur naissance soient toujours plus nombreux, et que les OGM nous épargnent.
Pour ma part, dans les prochaines semaines je vous entretiendrai à nouveau des vins du Val de Loire, puis de ceux du Monde méditerranéen. En avril il sera temps de se pencher sur les primeurs du millésime 2007 à Bordeaux. Ce millésime a, lui, été bien compliqué et donnera sans doute des vins très hétérogènes, selon la qualité du travail du vigneron, son talent de vinificateur, et, il faut le dire, les moyens qu'il aura pu consacrer à la sélection. La très belle arrière- saison fraîche et ensoleillée n'aura sans doute pas tout effacé. A suivre...

Voici quelques images de ce salon tenu en juin. Pour tous ceux qui ne peuvent y avoir accès. undefined

Le très cosy stand du Champagne Billecart-Salmon, avant la ruée...

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Quatre garnds noms réunis dans un même stand...

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Pardela wines, présentation de vins du monde...

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Hors du grand hall, au bord du lac, le club des Marques. A l'échelle des grands groupes...
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Ils ont marché sur l'eau : la passerelle temporaire reliant le hall de la Foire internationale et le palais des Congrès.

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Chez Tio Pepe, le service du  Xeres "fino", toujours aussi spectaculaire.

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Georges Duboeuf mettait en avant le côté aromatique des vins du Beaujolais, avec un stand très fleuri.

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Une autre vue du stand Duboeuf.

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Au club des Marques, le stand Dourthe - CVBG.

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Accueil en musique pour les invités d'André Lurton, au château Couhins-Lurton. undefined

Soirée détente à Couhins-Lurton, après une journée où les invités ont parcourus des kilomètres dans le salon, et dégusté des dizaines de vins...

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Fin de journée au salon...les bouteilles vides dégustées dans la journée attendent devant chaque stand le service du nettoiement.

A Vinexpo, le monde entier se donne rendez-vous. Ce cosmopolitisme viticole permet de confronter ses idées à celles d'un monde ouvert. Force est de constater que malgré notre savoir-faire, malgré notre antériorité de plusieurs siècles, voire de deux millénaires, nous ne sommes pas -ou plus- le nombril du monde du vin. Le monde entier fait du vin, boit du vin, bien ou mal, là n'est pas l'important dans mon propos.

Une image résume mon propos :

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Et oui, voici le monde du vin vu par les américains de Constellation, qui est, si je ne m'abuse le numéro 1 mondial du vin et des spiritueux. L'Europe (et donc la France) est un petit appendice de cette carte, qui est centrée sur le Pacifique. Commercialement, mais aussi techniquement c'est quelque chose dont nous devons être conscients. Deux attitudes s'offrent alors à nous : nous ranger sous cette vision, l'accepter, notamment en faisant des vins qui sont compatibles avec ceux de cette zone pacifique, ou bien garder nos valeurs, techniques et gustatives et tenir compte que le commerce du XXI ème siècle se fait là, et aller nous y battre en forgeant des armes (puissance commerciale,agressivité) qui nous permettent de concurrencer des monstres comme Constellation.

Je viens d'apprendre le décès de mon maître René PIJASSOU, à 86 ans. Il était professeur émérite de l'Université Michel de Montaigne-Bordeaux III. Il avait participé à la rédaction du magnifique "La seigneurie et le vignoble de Château Latour" Histoire d'un grand cru du Médoc (XIVème-XXème siècle), ouvrage collectif publié sous la direction de Charles Higounet en 1974 (fédération historique du Sud-Ouest, Bordeaux). Ouvrage fondamental pour comprendre le "miracle" de Latour et pour connaître tout ce qui se trouve au fond d'un verre de ce grand vin, de géographie, de géologie, de terroir, d'Histoire, de passion humaine. Tout ce que bien peu, hélas, des gens qui ont les moyens de s'offrir du Château Latour sont capables de comprendre et d'apprécier. Il fit paraître sa thèse de géographie (et d'histoire ce que certains lui reprochaient) "Le Médoc" (Tallandier, Paris, 1980), somme quasi exhaustive en deux volumes qui détaille la formation aux différents épisodes glaciaires du début de l'ère quaternaire, des somptuex terroirs du Médoc.

Enfin, pour moi, il est l'un des deux hommes qui m'a révélé le Vin. Je me souviens en effet de cette journée du printemps 1974 où nous allâmes en compagnie de René Pijassou et Henri Enjalbert (le "decouvreur" du terroir de Daumas-Gassac, auteur de "Les Grands vins de Saint-Emilion, Libourne et Fronsac", "vérifier sur le terrain" les cours d'amphi. Visite de Brane-Cantenac, réception par M. Lucien Lurton (avec dégustation sur fût, c'était un peu difficile pour des palais novices). La tournée se poursuivit à Mouton-Rothschild, avec déjeuner sur place d'une grillade aux sarments accompagnée de "Grand vin de lie du Baron Philippe", c'est à dire le vin récupéré avec les lies lorsqu'on faisait les soutirages. On laissait décanter en barrique à nouveau, puis on soutirait encore. C'était ce vin, en fait du Mouton servant de vin de table au Baron Philippe de Rothschild, que l'on nous servit ce jour là. (hélas je n'ai jamais su le millésime servi). L'après-midi se poursuivit avec la visite de Cos d'Estournel assurée par le propriétaire, M. Prats, avec dégustation bien sûr. C'est ce jour là que j'ai eu la révélation du vin, comme on entre en religion, et je ne remercierai jamais assez ces deux grands Messieurs pour le cadeau extraordinaire qu'ils m'ont fait, puisque, quelques années après je décidais de me consacrer au commerce des vins.

C'est donc d'une pensée émue que je vois partir M. René Pijassou, grand analyste des terroirs bordelais, mais aussi un peu, mon "père spirituel".

Nous aimons le vin, passionément, pour certains d'entre nous, nous avons fait de cette passion un métier. Pour que nos enfants, nos petits-enfants puissent connaître ces joies, vivre de cette passion, il nous faut surveiller de près et nous opposer à ce que trame la Commission Eurpéenne. Pour cela, je vous invite à aller visiter le site http://www.contrelesnaufrageursduvin.org. Je vous ai recopié la page d'accueil pour que vous en compreniez l'intérêt.

Campagne contre les naufrageurs du vin !

Confédération paysanne

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Appel ultime contre les naufrageurs du vin !   
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Pétition ouverte/en ligne du 14 octobre 2006 au 28 février 2007

> Téléchargez la version "papier" de la pétition

 

"Ils" l'ont écrit, les plus mercantiles ont fourni l'encre et le stylo, les théoriciens du libéralisme ont soufflé les arguments, des représentants professionnels ont cru y voir l'outil manquant à la compétitivité de la viticulture européenne, Bruxelles a parachevé le tout en couchant sur le papier le principe de la dissolution des particularismes culturels du vin.

De quoi s'agit-il ? Rien de moins que de légaliser au niveau européen "l'arrangement" de nos vins, afin de les rendre compatibles avec un standard de consommation imaginé par les spécialistes du marketing des grands alcooliers internationaux. On pourra aromatiser le vin, lui enlever de l'alcool, lui rajouter du glycérol, fermenter en Europe des moûts concentrés d'Argentine ou bien encore importer des jus de raisin pour fabriquer des "vins" suédois ! On pourra mélanger les continents et mettre en concurrence les misères afin de profiter de l'exploitation des travailleurs des nouveaux pays producteurs pour payer son vin moins cher en supermarché.

Les villages, les terroirs, les paysages, l'histoire, la culture, les femmes et les hommes des vignobles, les savoirs accumulés, les cépages localement domestiqués ou créés, le partage de la surprise des nouveaux millésimes, les subtiles distinctions des tours de mains ou des origines, le petit vin populaire savoureux, le beau Cinsault du Minervois, le taquin Fié gris de Touraine ou de Saint Bris, le viril Chenin sec, le séduisant Grenache de la vallée du Rhône, le distingué Pinot noir de Bourgogne, le confidentiel Len de l'el de Gaillac, les milles et un cépages de France, les cinq milles variétés du monde, toute cette richesse devrait disparaître pour faire place à l'uniformité et à la reproductibilité !

La dictature économique a mauvais goût ; elle veut tuer le vin dès la production par la mise en place de modes de culture intensifs et de techniques chimiques d'élaboration. Elle veut effacer le producteur de la mémoire du vin, pour laisser le champ libre à un produit défini selon des standards agroalimentaires.

Nous sommes dans une situation critique ; l'alliance du grand commerce et des lobbies anti-vin, avec la bénédiction de l'Union européenne, détruit le caractère paysan et singulier du vin. Elle s'emploie à casser sa légitimité culturelle, pour préparer la place à un grand marché mondial de boissons alcoolisées, au seul profit de quelques multinationales. Elle néglige l'humain et le social, sacrifiant l'emploi vigneron et le dynamisme des territoires qu'il fait vivre.

Allons-nous assister, impuissants, à la mort du vin et à la création de boissons enivrantes dépourvues d'humanité car seulement marchandise d'alcoolisation ?

Le vigneron relève de la plus ancienne alchimie ; celle qui transforme le minéral en sensoriel, celle du travail des générations qui construit des paysages, des usages, des symboles, celle qui crée du lien, donne du bonheur et du plaisir partagé.

Voilà pourquoi,

NOUS RESISTONS à un projet de réforme qui fait fi de la dimension culturelle, sociale, économique et environnementale de la viticulture et condamne le vin à l'insignifiance !

NOUS SOUTENONS une réforme qui applique au vin le principe d'exception culturelle et donne un avenir à la viticulture paysanne !

NOUS APPELONS à un grand débat public sur l'avenir de la viticulture et des vignerons européens.

 

 

Comité de parrainage

Christophe Alévêque (humoriste), Anémone (comédienne), Robert Aprin (vice président du collectif Prouvènço), Miche Balat (psychanalyste et sémioticien), Claudine Baschet (comédienne), Jean Bardet (chef restaurateur, Château Belmont,Tours), Miguel Benasayag (philosophe et psychanalyste), Pierre Bonte (journaliste), José Bové (paysan), Ramón Chao (journaliste et écrivain), Dominique Cabréra (réalisatrice), Jean-André Charial (vigneron et chef restaurateur, L'Oustau de Baumanière, Les Baux de Provence), Annick Coupé (syndicaliste), CharlElie Couture (artiste), Jean-Pierre Coffe (journaliste et écrivain), Yolande Curt (artiste sur bois, animatrice du collectif Prouvènço), Jean-Louis Comolli (cinéaste), Étienne Davodeau (auteur de bande-dessinée), Benoit Delépine (auteur et comédien), Yannick Delpech (chef restaurateur, l'Amphitryon, Colomiers), Raymond Depardon (photographe et réalisateur), Michel Favory (comédien, sociétaire de la Comédie Française), Roger Ferrari (syndicaliste), Jean Ferrat (auteur et interprète), Manuela Golub (politologue. Chargée de recherches C.N.R.S, Université Paris I), Jacques Hainard (directeur du Musée d'ethnographie de Genève), Jean-Paul Hébert (socio-économiste, Ecole des Hautes Etudes en sciences sociales, Paris), Christian Jacquiau (économiste et écrivain), Raoul-Marc Jennard (économiste), Marc Jolivet (humoriste), Manu Larcenet (auteur de bande dessinée), Docteur Marie-Hélène Lottin (psychothérapeute), Jean-Jacques Lottin (directeur d'études de santé publique, ancien Vice-Président de la Société Française de Santé Publique), Carla Krüger (Attac, Allemagne), Jacques Le Divellec (chef restaurateur, La cuisine de la mer, Paris), Périco Légasse (journaliste), Marc Mangenot (socio-économiste, président des Amis de la Confédération paysanne), Daniel Mesguich (acteur et homme de théâtre), Edith Montelle (conteuse, vice-présidente de la société mythologique française), Marie José Mondzain (philosophe, CNRS) Thierry Morvan (journaliste), Véronique Nahoum-Grappe (Anthropologue), Jonathan Nossiter (cinéaste), Claudine Nougaret (productrice de cinéma et ingénieur du son), Aline Pailler (journaliste, France Culture), Ernest Pignon-Ernest (Peintre), Gustave Parking (humoriste), Jean-Pierre Poulain (sociologue), Olivier Roellinger (chef restaurateur, La Maison de Bricourt, Cancale), Pierre Richard (comédien et vigneron), Johan Sfarr (auteur de bande dessinée), Laurent Stocker (comédien, sociétaire de la Comédie Française), Jaume Tàpies (Président des Relais et Châteaux, El Castell de Ciutat, La Seu d'Urgell, Espagne), Jean-Louis Trintignant (comédien et vigneron), Lewis Trondheim (auteur de bande dessinée), Nicolas Vanier (écrivain,explorateur et paysan).

A vous de jouer!

Samedi 22 avril 2006, comme chaque année, je me rends à Bourg sur Gironde pour participer au Challenge International du Vin. Je ne demande jamais à déguster tel type ou tel autre type de vins, et le sort m'a souvent gaté en me permettant de faire des découvertes intéressantes. Ainsi, l'an dernier j'ai eu la chance de déguster une dizaine de vins rouges hongrois, dont certains étaient très intéressants. Bien sûr, ces dégustations sont faites à l'aveugle. Il ya une frustration chez le dégustateur : il ne saura jamais l'identité de la plupart des vins dégustés. Seule la lecture attentive du palmarès lui permettra de repérer, avec un peu de chance, les noms des vins médaillés.

Cette année les organisateurs m'ont placé dans un jury chargé de déguster des vins blancs Californiens et des vins rouges espagnols de la D.O La Mancha, le pays de don Quijote. Disons-le vite, pas de belle surprise dans les vins blancs californiens. Tous sont conçus avec une telle envie de plaire commercialement, qu'ils sont d'une banalité affligeante. Un chardonnay très 'sudiste", très beurré, un peu écoeurant pour commencer, puis une suite de sauvignons, tous très variétaux, simples, voire caricaturaux. Il y a dans l'Entre-Deux-Mers des centaines de vins plus intéressants, sans parler de Pessac-Léognan (nous ne sommes sûrement plus dans la même gamme de prix), ou du Sancerrois, de la Touraine, autres belles régions productrices de sauvignons.

Quand aux vins de la Mancha, un seul était véritablement bon, élégant, fin, bien travaillé. Deux échantillons présentaient des vins "joven" sur le fruit, très agréables, simples mais pouvant donner du plaisr. Deux présentaient de graves défauts, et la plupart étaient des vins lourds, aux tanins rustiques, bons pour des marinades.

Dommage, cette année pas de grand frisson, comme l'année où, me trouvant confronté à une dégustation de vins de la D.O. Montilla-Moriles (Andalousie, au nord de Jerez), j'eus la chance de déguster un Don PX Marquès de Poley 1945, de la Maison Toro Albala. Sur les quatre jurés deux donnèrent la note de 20 et deux la note de 19. C'était une année Vinexpo, ce vin reçut peu de temps après le grand prix du CIVART...Lui était très facile à retrouver sur les palmarès!

 

 

 

Des différents articles concernant le sujet parus dans « CHR L’auvergnat de Paris » du 17/06/2005, quels enseignements tirer pour notre région  (sud-ouest aquitain)?

 Si la place du vin dans le chiffre d’affaires du restaurant est bien notée, relativement peu de restaurateurs y consacrent toute l’attention que cette place mérite. Les exemples donnés dans ce numéro pour montrer ceux qui continuent à vendre du vin, sont en fait peu significatifs tant les situations régionales, les types d’établissements choisis, ne dégagent que peu de points communs. Néanmoins quelques points importants sont énoncés ici et là.

 

Les causes du déclin : outre les causes extérieures (répression sur la route, culpabilisation du consommateur, manque de pouvoir d’achat d’une bonne partie de la clientèle potentielle) des causes « professionnelles » peuvent être mises au jour :

·        Les restaurants qui margent trop : trop de restaurateurs confondent marge et coefficient multiplicateur, appliquant de manière uniforme le même coefficient sur toute la carte. Ils limitent ainsi le choix de leurs clients à la partie la moins chère de la carte. Rappelons que des coefficients adaptés par tranches de prix d’achat « écrasent » la fourchette des prix à la carte et poussent le client vers l’achat de belles bouteilles, qui sont aussi un élément du standing et de la réputation du restaurant.

·        Le manque d’informations au consommateur : cartes mal informées (le nom du propriétaire, du négociant de la cave n’est pas mentionné, de même que le lieu de production). C’est la première des informations dues au client.

·        Les cartes de vins qui manquent de clarté et de nouveautés : Il s’agit là de souligner l’impact de la qualité visuelle de la carte. Une carte n’est pas seulement un tarif. Celle-ci doit être agréable à lire pour le client, qui doit trouver rapidement ce qu’il cherche. Une carte doit se renouveler, mettant en avant des nouveautés, des vins de saison, qui doivent « donner envie » au client d’aller y goûter.

·        Un service non adapté : On entend par là à la fois la « mise en scène » du vin et la façon dont le personnel proposera le vin au client (en dehors du conseil « sommellerie »). La « mise en scène » implique une verrerie de qualité qui met le vin en valeur et montre l’intérêt qu’on lui porte dans l’établissement. Enfin, pour ce qui est de la façon de proposer le vin au client, je reprends l’exemple donné par Jacques Boudin, sommelier-conseil, dans l’article de l’Auvergnat de Paris : « …le collaborateur se précipite vers vous en vous livrant cette phrase : souhaitez-vous un apéritif ? Généralement devant un choix bimodal, le consommateur inquiet préfère se réfugier sur un non. Alors que si l’entrée à table se fait directement sur une proposition du style : aujourd’hui notre apéritif est à base de…mais préférez-vous quelque chose de plus classique, une coupe de champagne, ou choisir directement le vin… l’espace de liberté étant, en finalité de s’échapper en choisissant le vin, il reste pour nous une bien agréable solution ».

 Des solutions sont alors proposées :

 ·        Température de service idéale, verrerie adaptée : l’investissement dans une armoire de service et une verrerie de qualité trouve ici toute son importance, montrant au client combien le vin suscite de l’attention dans l’établissement

 

·        Conseils et explication dans l’accord mets et vins : Même si la présence d’un sommelier de métier n’est pas possible, il est important de se renseigner (auprès de son fournisseur par exemple) et de former au minimum le personnel pour pouvoir donner une indication au client, pour l’accompagner utilement dans son choix.

·        Tendre vers la qualité à prix logique et non exubérant : Les prix doivent être raisonnables (voir plus haut) et cohérents. Il est économiquement aberrant de réévaluer le prix de ses vins de 5 ou 10 % tous les ans. Les vins qui rapportent sont les vins dont le stock tourne. Un prix d’achat oublié ou perdu est parfois la cause d’un coefficient « fou » de 6, 8. Une seule de ces erreurs sur une carte peut « refroidir » un client qui la repère en jetant la suspicion sur l’ensemble de la carte.

·        Formation des serveurs et du personnel : c’est un point très difficile à régler, tant la rotation du personnel, son manque d’implication sont des problèmes récurrents. Néanmoins, il peut être rentable de prendre un moment pour sensibiliser les serveurs à leur mission, et leur rappeler les bases de leur travail. C’est la fonction et l’intérêt du responsable.

·        Proposer toutes les possibilités d’achat au client : La vente de vins au verre est devenue incontournable de nos jours. Elle ne fait pas baisser le chiffre d’affaires, car elle permet une vente de vin là où il n’y en aurait pas eu. Elle doit être attractive, et proposer un choix. Attractive, avec des vins de qualité, d’un bon niveau, adapté au prix du repas, et non le vin le moins cher que l’on aura trouvé. N’oublions jamais que le choix fait vendre. Il faudra donc adapter le nombre de vins proposés au verre 3, 5 8…, à la taille et au débit de l’établissement. On s’équipera pour cela de systèmes permettant la conservation d’une bouteille entamée pendant plusieurs jours (formule économique : les bouchons spéciaux, formule très qualitative : armoire conservant le vin sous azote). On proposera également au client d’emporter sa bouteille entamée, et pourquoi pas, dans le cas d’habitués de leur garder la bouteille pour une prochaine visite.

Toutes ces réflexions doivent permettre au restaurateur de s’adapter au marché actuel et de conserver un chiffre d’affaires « cave » important et, pourquoi pas de l’améliorer.

 

 

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