En ce début d’année, nous commençons les dégustations des vins qui occuperont le devant de la scène tout au long de ce millésime.
Chez André Lurton, il est le temps de prendre connaissance des vins livrables.
Château BONNET blanc 2008 (Entre-Deux-Mers) Mis en bouteilles la semaine précédente, il n’était sans doute pas dans sa meilleure forme. Et pourtant…très pâle, presque incolore. Il offre un
nez d’une grande délicatesse, floral (genet), fruits blancs. La bouche est également tout en légèreté et en finesse. Ce caractère est rarement atteint à Bordeaux, dont les blancs sont
généralement plus vigoureux et moins fins. ***
Château CRUZEAU blanc 2006 (Pessac-Léognan) : Très pâle
également. Le nez est floral également, élégant. Sa vigueur et sa jeunesse cachent un beau potentiel aromatique. A ce stade, il sera plus intéressant dans 2 à 4 ans. *
Château LA LOUVIERE blanc 2004 : (Pessac-Léognan, capsule à vis)
J’ai déjà gouté ce vin pour les vingt ans de l’achat de château Dauzac par la MAIF, où il était présenté à la fois en bouchage traditionnel et en capsule à vis. Il n’y avait pas photo, la capsule
présentant beaucoup plus de fraîcheur. Ici, le bois marque le nez assez nettement, dominant le fruit. La bouche présente une fraîcheur, une jeunesse, remarquables aromatiquement. Ce vin est
troublant, tant il est jeune, comme si son évolution était bloquée. Les repères de garde en sont chamboulés. **
Château COUHINS-LURTON blanc 2006 (Pessac-Léognan) : Egalement
très pâle. Le nez est à la fois légèrement citronné et très minéral. On y retrouve des notes de « pétrole », comme dans les grands rieslings. C’est un vin d’une grande élégance,
dans un très beau millésime. Il a dix ans devant lui. ***
Château BONNET rosé 2008 (Bordeaux rosé) : Lui aussi mis en
bouteille la semaine dernière. C’est un rosé très pâle, « provençal », avec une teinte légèrement bleutée, (œil de perdrix). Le nez est
explosif de fruit, cerise, framboise notamment. C’est, en bouche, un rosé parfaitement sec, sans sucre résiduel, vif, enjoué, léger. Une gourmandise. ***
Château BONNET rouge 2005 (Bordeaux) : Belle couleur. Le nez est
légèrement fermé, mais jolis arômes de cerise, de framboise. La bouche est plutôt serrée, avec des tanins très fins. C’est déjà une « base » très intéressante. *
Château GROSSOMBRE DE SAINT-JOSEPH 2003 (Bordeaux) : Cette
propriété appartient à Béatrice, la plus jeune fille d’André Lurton. Jolie couleur, puissante, dense. Le nez est sur les petits fruits noirs (50 % de cabernet). La bouche est chaleureuse, ample,
avec des tanins encore un peu vifs. L’ensemble est un peu rustique, manquant de finesse et d’élégance, mais sa virilité peut séduire sur des mets puissants. Peut se boire sur le fruit, mais on
peut encore l’attendre 1 à 2 ans.
Château COUCHEROY 2006 (Pessac-Léognan) : Bonne couleur. Le nez
est assez fermé et marqué par le bois. La bouche est d’une bonne densité, avec un volume respectable et une finale qui compte une pointe d’amertume due aux tanins encore un peu fermes. Il faut
l’aérer avant de le consommer, mais il se fera suffisamment pour la fin de l’été et la fin de l’année. *
Château BONNET Reserve 2005 (Bordeaux) : Très belle couleur,
très sombre. Le nez est fermé, mais il transparait des notes de fruits noirs et framboise, avec une touche de bois, vanillée. Très belle matière en bouche, avec du « jus ». Tanins
très fins, pour un ensemble remarquable, qui fait honneur à son appellation. A boire si on est impatient, mais surtout à garder. ***
Château TOUR DE SEGUR 2005 (Lussac Saint-Emilion) : Couleur
assez marquée. Le nez est sur les fruits noirs, la cerise, avec un fond réglissé. La bouche est assez ouverte, bien que le vin ne soit pas tout à fait à boire. Quelques mois lui donneront du
« poli ». *
Château LABARDE 2005 (Haut-Médoc) Rappelons que ce vin est issu d’une
parcelle du Château Dauzac n’ayant pas droit à l’appellation Margaux. Belle couleur. Le nez est très flatteur, encore sur le fruit, très expressif. La bouche est assez facile et le vin offre déjà
un bel agrément. C’est très bon. *
Château CRUZEAU 2004 (Pessac-Léognan) : La couleur est profonde.
Le nez est marqué par un boisé assez toasté, qui lui donne des notes de torréfaction. La bouche est très dense, avec une bonne suite, et des tanins d’un grain fin. **
Château BARBE BLANCHE 2005 (Lussac Saint-Emilion) : Très
puissant en couleur. Le nez est remarquablement élégant et séveux. La bouche est puissante et gouteuse, avec en fond une note de réglisse, marque du merlot bien mûr. C’est délicieux pour
longtemps. ***
Château de ROCHEMORIN 2005 (Pessac-Léognan) Très belle couleur. Nez
de petits fruits noirs. La bouche a une superbe structure, à la fois élégante et puissante. Les tanins sont extrêmement fins. Le château a bénéficié à plein de son nouveau chai. Le meilleur
Rochemorin, qui garde sa séduction en gagnant en puissance.
LA BASTIDE DAUZAC 2006 (Margaux, 2ème vin Dauzac) :
Bonne couleur, plutôt dense. Le nez est fin, élégant, avec une note de café. La bouche, structurée, garde tout son charme et se goute sur les atouts de la jeunesse mais garde du potentiel.
*
Château LA LOUVIERE 2005 (Pessac-Léognan) : Couleur très
puissante. Le nez est très noble au boisé bien intégré. C’est la structure, très serrée, qui impressionne par son parfait équilibre. Finale très longue. Il franchira le temps dans soucis.
***
Château COUHINS-LURTON 2006 (Pessac-Léognan) : La couleur est
dense. Le nez est marqué par un boisé fin et des notes toastées, de café notamment. La bouche est élégante, d’une belle finesse. Cela pourrait à la rigueur se boire, tant il a de charme. Belle
construction. **
Château DAUZAC 2002 (Margaux) : Belle couleur. Le nez est très
élégant. La bouche offre une belle unité. Ce « petit » millésime ne présente pourtant pas de creux en bouche, les tanins sont bien dimensionnés et commencent à se fondre. On peut
commencer à le goûter parfaitement, mais il a au moins cinq ans devant lui. **
Château DAUZAC 2001 (Margaux) : C’est tout autre chose. Sa
puissance est étonnante, qui cache pour le moment une bonne partie de ses arômes. Il serait dommage de ne pas l’attendre, pour en profiter pleinement. Les tanins, de qualité sont encore bien
présents. ***
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