Texte Libre

LE GOUT DU VIN

 

Pourquoi un blog s'intitulant "Le Goût du vin"? Parce que j'ai la chance, depuis longtemps, de goûter en condition de dégustation professionnelle, plusieurs centaines de vins par an. Ce blog me permettra de vous faire partager le résultat de ces dégustations. Car, si vous êtes acheteur de vins, plus le nombre d'avis est grand et moins vous avez de chances de vous tromper. Si vous achetez un vin de Bordeaux en primeur, par exemple, sans l'avoir vous-même goûté, vous ne saurez que bien des années après si votre choix était bon. Je ne prétends pas détenir LA vérité, mais je veux simplement vous apporter mon avis, qui en vaut bien d'autres... Vous y trouverez également des focus, développant un regard plus approfondi sur un, vin, une propriété...Et je vous ferai part de temps en temps de mes humeurs et de mes réflexions sur le vin et tout ce qui l'entoure. Bien sûr, je serai très heureux si ce blog devient un lieu d'échanges, de discussions passionnées entre amateurs, et de confronter vos avis aux miens.
Buvez de bons vins avec modération, le plaisir n'en sera que plus grand.

Le domaine a été fondé en 1992. Depuis 1993 il a trouvé sa personnification, à travers un jeune oenologue allemand formé à Montpellier, Matthias Wimmer, qui vit ce domaine  avec passion. Depuis 1996, le propriétaire, Christian Raimont lui permet d'aller aussi loin que possible dans la recherche de la qualité. Le vignoble est conduit en culture organique, je préfère ce mot à bio. Le domaine comprend 26 ha et on y cultive les cépages suivants, Grenaches noir et blanc, Syrah, cinsaut, carignan, counoise, mourvèdre, rolle, roussane.

DOMAINE D'EOLE, BLANC 2008 : (Grenache blanc, rolle). Aromatique, fruits blancs. Beaucoup de fraîcheur, aérien, élégant. **
CONFIDENCE BLANC 2007 : (70 % roussane, 15 % rolle, 15 % grenache blanc). Il se déroule avec tout d'abord une très belle aromatique sur les fruits blancs, pêche, abricot. En bouche, une grande plenitude, un long développement. C'est remarquable. ***
EOLE ROSE 2008 : (50 % grenache, 20 % cinsaut, 15 % counoise, 5 % mourvèdre, 5 % carignan). De ce beau mélange de cépages, comme des sources qui se mêlent pour former un beau cours d'eau, nait un rosé très pâle, joliment aromatique. C'est un panier de fruit, avec de la vivacité, de la fraîcheur. Délicieux. **

EOLE ROSE 2007 : Il a perdu un peu de brillant, mais reste puissant. Il a évolué vers des notes épicées. Cela reste très intéressant. *
EOLE RESERVE DES GARDIANS 2006 : (40 % grenache, 20 % cinsaut, 20 % syrah, 20 % carignan). Il se caractérise par un fruité très mûr, confiture de cerise notamment. En bouche il conserve une bonne fraîcheur, sur une matière moyenne.
EOLE 2006 : (45 % grenache, 40 % syrah, 10 % carignan, 5 % mourvèdre).Très beaux arômes, très mûrs, sur les fruits compotés. La bouche, bien équilibrée se prolonge longuement, sans lourdeur. *
EOLE CUVEE LEA 2004 : Couleur profonde. le nez est très mûr, un peu cacaoté. Le boisé est encore sensible. la bouche offre un bel équilibre, de la richesse mais sans excès. A encore besoin d'un ou deux ans. Je trouve à ce stade, le boisé un peu excessif. un peu "entre deux".
EOLE CUVEE LEA 2005 : (55 % grenache, 45 % syrah). Le fruit est beaucoup plus présent, avec une puissance énorme. L'équilibre est ici parfait, me semble-t'il, avec un boisé tout à fait bien dosé, il est vrai, fac à une matière tout à fait énorme. C'est un grand vin, qu'il faut attendre trois à cinq ans au moins. ***

C'est toujours un plaisir de rencontrer des vignerons sympathiques. C'en est un autre de rencontrer des vignerons modestes. Et respectueux de leur terroir. Et artistes. Oui, vous l'avez compris, j'ai un coup de coeur pour ce jeune domaine, conduit en biodynamie. Il est situé à Corconne, au pied des Cévennes, entre Nîmes et Montpellier, dans cette zone d'appellation que l'on définit comme le Pic Saint-Loup. Le terroir est composé d'éboulis calcaires de forte épaisseur, avec des lentilles d'argile. Ce terroir garantit une alimentation en eau par capillarité, et il offre la particularité d'être très clair, réfléchissant les rayons du soleil le jour durant. En revanche les nuits sont fraîches (altitude, courants d'air descendant des Cévennes). Je dois préciser que j'aime également beaucoup le style des étiquettes de ce domaine, joliment déssinées, modernes mais de bon goût, élégantes.

PAULETTE 2006 : (Vin de Table, carignan 100 %). Rouge clair. Acidulé avec un joli nez de fruits rouges. C'est un vin digeste, léger, agréable.
JARDIN DES SIMPLES 2007 : (Languedoc AOC, 70 % cinsaut, 30 % syrah). Très joli fruit au nez, fruits rouges précisément. La bouche est superbement digeste et équilibrée, avec une grande buvabilité. Un bonne fraîcheur finale termine le tout. *
ELLIPSE 2007 : (Languedoc AOC, Syrah, Carignan, mourvèdre jeunes). Très joli fruit, vif, élégant, gourmand. La bouche, avec une certaine puissance, s'équilibre parfaitement par une bonne fraîcheur. C'est gourmand et plaisant à boire. **
NUIT D'ENCRE 2007 (Vin de Table, Alicante 95 %, cinsaut 5 %). De ce cépage "teinturier", il tire sa couleur d'encre saisissante. Arômes de pruneau, de fruits cuits, avec une note chocolatée. Bouche souple, gourmande, avec des tanins très soyeux, peu sensibles, mais présents. *
FLEUVE AMOUR 2005 : (Pic Saint-Loup AOC, 45 % syrah, 45 % grenache, 10 % carignan). Il tire son nom d'un poème de Joseph Delteil, et est issu des plus vieilles vignes du domaine. Au premier oeil, il présente une énorme couleur. Le fruit est très riche, beaucoup de sève, de jus. La bouche reste très gourmande, avec franchise, netteté, pureté. La finale est fraîche. C'est délicieux à boire, non boisé, au fruit très pur. **

Ce qui me semble caractériser les vins de ce domaine, c'est l'absence de boisé, qui dégage incroyablement le fruit. Ensuite, comme de nombreux vins issus de la biodynamie, c'est la "buvabilité", la digestibilité, qui donnent une belle envie d'y revenir.

Tout d'abord je veux préciser que les vins du Jura sont sans doute ceux que je connais le moins bien en France. Ces commentaires sont à prendre avec un peu de recul, car j'ai eu du mal à saisir ces vins, et j'ai hésité à mettre ces commentaires sur ce blog.
L e domaine de la Pinte est très ancien mais il n'avait pas survécu à la crise du phylloxéra. Il fut recréé dans les années 1950 et un magnifique chai fut achevé en 59. Il compte une vingtaine d'hectares, conduits en viticulture bio et plantés sur les marnes bleues du lias qu'on retrouve à Château-Chalon.
ARBOIS PULILLIN CHARDONNAY 2006 : Très solaire, très mûr, très puissantil développe des arômes de fruits jaunes, d'agrumes. La bouche est très puissante et s'achève par une belle note de fraîcheur. *
ARBOIS 2004 (Savagnin) : Très beaux arômes, très puissants, de noix fraîche. En bouche on est surpris par sa puissance, équilibrée cependant par une belle fraîcheur. Il finit longuement. **
ARBOIS ROUGE 2003 (Poulsard) : Couleur évoluée. Très oxydatif au nez. La bouche n'est pas très dense, et la finale est un peu sêche. Suis-je passé à coté ?
ARBOIS 2003 (Trousseau) : Lui aussi a une couleur très évoluée. Le nez présente encore du fruit (griotte), mais la bouche, pas très dense se termine éaglement par des tanins assez secs.
ARBOIS LES GRANDES GARDES 2005 (Pinot noir) : De la réduction au nez, qui oblitère le fruit. Les arômes pinotés arrivent ensuite avec des notes de cassis, de bourgeon de cassis. La bouche est serrée. avec des tanins sensibles.
ARBOIS VIN JAUNE 2001 : Arôme de noix légèrement séchée. Il offre une grande délicatesse, un bel équilibre. Le volume en bouche est superbe, avec une petite amertume bienvenue et une grande longueur. *
VIN DE PAILLE, ARBOIS 2004 : s'y mêlent des arômes de noix fraîche et de fruits confits, de confiture de reine-claude. La bouche est assez charnue et se poursuit longuement. *

MA CARTE DES MILLÉSIMES

 

 

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Ø     Ce tableau est établi d’après mes propres dégustations, sur les seuls crus bourgeois, classés ou équivalents de Médoc, Pessac-Léognan, Saint-Emilion, Pomerol.

Ø     Garde des meilleurs vins :

G : garder – B : boire – O : devraient être bus.

Ø     La note sur 20 représente le potentiel de garde des meilleurs vins du millésime.

Ø     La note sur 5 représente la proportion des vins réussis sur le millésime.

 

Etabli en 1979, Jean-Claude Rateau a, dès ses débuts choisi le respect de la nature comme règle de conduite. C'est donc tout "naturellement", qu'il travaille aujourd'hui en biodynamie ses 15 parcelles où il produit 4 vins d'appellation régionale, 7 cuvées d'appellations villages, 3 premiers crus.

BOURGOGNE BLANC HAUTES CÔTES DE BEAUNE 2007 : Forte odeur de mie de pain, de levure. La bouche est très tranchante, avec une acidité très vive.
BEAUNE BLANC 1er CRU LES COUCHERIAS 2004 : Très beau nez, d'une grande richesse, d'une belle noblesse. Notes briochées, amples, avec un beau développement vertical. Plutôt riche et gras, avec une grande longueur. **
BEAUNE BLANC 1er CRU LES COUCHERIAS 2005 : Il paraît plus serré, encore fermé, avec une forte densité, et aussi une acidité plus marquée. A ce stade il s'exprime fort peu, mais semble présenter un potentiel de garde très important. ** 
BOURGOGNE ROUGE 2007 : Le fruit est éclatant, très pinot, avec du jus, bien mûr.. La bouche est assez serrée, pas aussi volumineuse que le nez le laissait deviner. Mais c'est droit, très agréable. (Vignes sur le bas de Pommard). **
BEAUNE LES BEAUX ET BONS 2006 : Très bel équilibre, avec un beau fruit de griotte et une bouche très bien constituée. C'est très beau au niveau des tanins aussi. C'est un vin très gourmand, très franc, qui donne envie de se resservir. **
BEAUNE LES PREVOLES 2006 : Il gagne en profondeur par rapport au précédent, avec un nez plus floral. Cela rest gourmand, mais sans négliger une profondeur certaine. Je pense que ce joli vin donnera du plaisir pendant dix ans. **
BEAUNE 1er CRU LES REVERSEES 2006 : Bonne couleur dense. Le nez est moyennement puissant, sur la réserve, avec une note fumée sur fond de cassis et poivre. La bouche est bien équilibrée, très coulante. Joli vin. **
BEAUNE 1ER CRU LES BRESSANDES 2006 : Avec un superbe fond de notes torréfiées, de grillé, qui montrente la grande maturité des raisins, il a le même parfait équilibre et la belle profondeur qui sont la manière du vigneron. Il est séduisant dès maintenant sur son fruit très appétissant. Il affiche cependant un beau potentiel. **

On a ici des vins très purs, très goumands, qui s'expriment généralement très favorablement dès leur jeunesse. Tous présentent un équilibre de bon aloi et donnent envie d'y revenir, gra^ce à leur naturel.

Ce domaine de huit hectares, situé à Bergheim,  est récent (1988). La famille Spielmann a, en effet,  exploité sur ces lieux, pendant un siècle, des carrières de gypse qui font l'originalité du terroir du domaine. Sylvie Spielmann conduit ses vignes en biodynamie, de façon à mettre en avant au maximum cette personnalité.

PINOT NOIR RESERVE BERGHEIM 2007 : Joli pinot noir, assez souple, rond, facile d'accès, au caractère épicé. Vin de plaisir, au fruit gourmand. *
ALSACE BERGHEIM 2004 : (80 % pinot gris, 10 % muscat, 10 % gewurztraminer). Vin d'assemblage, original, au style très souple et séduisant, aux arômes muscatés, litchee, et à la rondeur apportée par le pinot gris et 10 g. de sucre résiduel. Vin de plaisir immédiat.
PINOT BLANC RESERVE 2004 : Il vient sur le terroir de l'ancienne carrière de gypse. Rond, souple, il montre des arômes de fruits blancs . Un tout petit peu de sucre résiduel, bon volume.
RIESLING ENGELGARTEN DE BERGHEIM 2004 : Ce vin, qui vient d'une parcelle joliment appelée le jardin des anges (ou le paradis ?), présente de jolis arômes fumés sur des fruits blancs. Il est très expressif aromatiquement. La bouche est souple, ample, avec une acidité moyenne ou bien dissimulée par le gras du vin. Traces de sucre résiduel. *
RIESLING GRAND CRU KANZLERBERG 2001 : La minéralité est forte au nez. Ce vin a de la personnalité, il "pétrole" joliment. Il est plus droit, plus tendu que les précédents vins, plus aérien, avec une note poivrée. Vin de caractère sec. **
RIESLING GRAND CRU KANZLERBERG 2002 : Il offre un équilibre différent, plus sur le confit, le fruit mûr, et une richesse supérieure, et également des notes fumées. Il a nettement besoin de plus de temps pour se "lacher". *
PINOT GRIS 2004 : Joile expression aromatique, avec une belle puissance en bouche. Sucre résiduel bien présent, et des notes miellées en finale.
PINOT GRIS BLOSENBERG 2004 : Très belle expression aromatique avec une richesse marquée en sucre résiduel. On ne doit pas être loin de la vendange tardive. *
GEWURZTRAMINER BLOSENBERG 2006 : (exposition ouest très ventée). Même terroir et un caractère riche, opulent, plus riche qu'élégant. La aussi on a affaire à une petite vendange tardive. *
GEWURZTRAMINER GRAND CRU KANZLERBERG 2002 : Avec un peu de sucre résiduel qui se fond, on a une minéralité très intéressante, Le vin vit dans une verticalité qui lui donne sa noblesse. Belle longueur. **
GEWURZTRAMINER ALTENBERG DE BERGHEIM 2002 : Evidemment, ce (très) grand cru propose un vin à la noblesse, au développement vertical impressionnants. Le sucre résiduel est plutôt fondu -ou couvert par la richesse du vin. Il met en évidence de magnifiques notes épicées. **
L'OR NOIR 2007 : C'est un vin de pinot noir botrytisé. Une curiosité. Le volume aromatique est moyen, sur les fruits confits, la quetsche, la confiture de cerise. La bouche est riche et ample. C'est très agréable, légèrement épicé. *
GEWURZTRAMINER GRAND CRU ALTENBERG DE BERGHEIM, VENDANGE TARDIVE 2004 : Le nez est ici d'une grande noblesse, très aérien. L'expression de fruits exotiques est superbe : litchee / ananas, mais aussi de fruits blancs, de fines épices douces. Très bel équilibre, sans lourdeur. Grand vin. ***
GEWURZTRAMINER GRAND CRU ALTENBERG DE BERGHEIM, SELECTION DE GRAINS NOBLES 2003 : magnifique développement vertical, mettant en évidence une grande élégance. Beaux arômes de fruits blancs, un peu d'agrumes, d'épices (cardamome). Il est d'une longueur splendide. ***

En conclusion, le terroir sans doute, mis aussi la pâte de Sylvie Spielmann, donnent des vins généreux, riches. Les vins de gewurztraminer et de pinot gris me semblent les plus aboutis. Les vins issus de l'Altenberg affichent une classe et une élégance supérieures.

Le domaine Goisot est situé à Saint-Bris-le-Vineux, en Basse-Bourgogne, dans la région d'Auxerre. Il bénéficie des mêmes grands terroirs que le chablisien : marnes du Kimméridgien et calcaire portlandien. C'est un domaine mené en biodynamie et, il faut noter quelque chose qui me semble important, c'est le choix de plantations à haute densité : 10000 pieds à l'hectare sur les parcelles replantées depuis le passage au bio. Ce choix, qui met chaque pied de vigne en concurrence est, depuis toujours, le meilleur moyen de contr^oler les rendements et d'obliger la vigne à un enracinement profond. (Le Chablisien est couramment  planté entre 4000 et 7000 pieds/ha).

ALIGOTE 2007 : Très beau volume aromatique. Une légère note de mousseron au nez. La bouche est ample, intégrant une fraîcheur tranchante. Bonne longueur. **
CUVEE CORPS DE GARDE blanc 2006 (Côtes d'Auxerre) : Superbe nez. Le chardonnay est remarquablement mis en valeur. Belle maturité, avec un boisé très qualitatif et bien dosé (20 % bois neuf). Volume remarquable, avec une finale bien mûre. **
SAUVIGNON DE SAINT-BRIS "EXOGYRA VIRGULA"2007 : sur muschelkalk. Très minéral , avec un ebelle fraîcheur. C'est un vin à son début, avec un beau potentiel de garde et de dévelopement. **
SAUVIGNON DE SAINT-BRIS "MOURY" 2007:  sélection parcellaire sur calcaire portlandien. D'une tout autre pesonnalité, il est également très minéral, avec des notes fumées, de pierre à fusil, très marquées. Cette minéralité se prolonge longuement. C'est un vin de grande personnalité. ***
SAUVIGNON DE SAINT-BRIS " FIE GRIS" 2007 : sauvignon gris sur marne kimméridgiennes et calcaire portlandien. D'un toucher en bouche plus soyeux, la minéralité est retenue. Il présente un très bel équilibre et mérite quelques années de garde pour se révéler. *
COTES D'AUXERRE PINOT NOIR 2007: Le nez est joli, friand, avec des notes de fruits rouges, de bourgeon de cassis. Matière légère, petite densité. C'est fin et élégant, mais pas très puissant. Je pense que ce vin est issu d'un milésime "jaloux".
COTES D'AUXERRE "CORPS DE GARDE" 2006 : Bonne couleur. Le nez est très séduisant, sur les fruits rouges, le cassis, mais aussi des notes épicées et des notes florales. C'est très bien équilibré, goûteux, digeste. Beau travail. **
BOURGOGNE IRANCY "LES MAZELOTS" 2006 : C'est une parcelle de 0,53 ha issue de vignes de 90 ans. La production est confidentielle ! Belle couleur. Le nez est complexe : cassis, griotte et notes épicées. La bouche est puissante, concentrée, il y a de la matière, qui trouve un beau développement vertical. Cela se termine par des tanins très fins. C'est très juteux. C'est un vin remarquable. ***

Loin des grands crus de Côte d'Or ce domaine produit, sur de beaux terroirs méconnus, des vins typés, personnels. Tout cela mérite le plus grand intérêt.

Ce domaine est situé à Westhalten et Soultzmatt. Il est travaillé, comme de nombreux grands domaines d’Alsace, en biodynamie par Gérard et Mathieu Boesch.


SYLVANER TRADITION 2007
 : Nez très puissant de pomme surmurie, avec une minéralité sensible. La bouche est très fraîche, bien marquée, avec une finale longue. C’est un vin bien sec. Un très beau sylvaner. **

PINOT BLANC TRADITION 2007 : S’il n’a pas une expression aromatique forte (fruits blancs, fleurs), il offre du gras en bouche. D’un style très précis. *

PINOT GRIS TRADITION 2007 : Très beau nez, très expressif, avec un style très épicé. Très puissant en bouche (14°), il offre un belle longueur. *

PINOT GRIS CLOS ZWINGEL 2007 : (rendement 30 hl/ha) Il présente une grande noblesse de style, très aérien, très complet, avec de la puissance, et une finale longue. **

PINOT GRIS BREITENBERG 2007 : (terroir muschelkalk, altitude 450 m). Très beau nez de fruits jaunes, de pêche. La bouche est très riche, ample, avec 50 g de sucre résiduel, mais trop peu de botrytis pour le déclarer en VT. (Explication : à 13°5 on a un problème d’acidité, de verdeur. Sur ce terroir très chaud on ne peut faire que ce type de vin). Caractère très épicé. *

PINOT GRIS GRAND CRU ZINNKOEPFLE 2007 : (terroir calcaire). Bien que très différent aromatiquement, d’un style plus austère, il affiche un caractère très droit, très ample, avec 45 g de sucre résiduel, peu sensibles car le vin est bien équilibré. A boire dans 10 ans sur viandes blanches en sauce, gibier à plume. **

RIESLING TRADITION 2007 : Tr7s tranchant, avec une belle acidité citronnée. *

RIESLING LUSS, VALLEE NOBLE 2007 : Très belle présentation aromatique, citronné, orange, avec un beau volume et un très bel équilibre. ***

RIESLING BREITENBERG, VALLEE NOBLE 2007 : Plus floral, avec une acidité plus large, qui se cache derrière une grande puissance (14°). Finale épicée, poivrée. **

RIESLING GRAND CRU ZINNKOEPFLE 2007 : Nez très noble, de grande qualité. La bouche est superbement équilibrée. L’acidité est plus perceptible, pour un beau vin très vertical. ***

GEWURZTRAMINER TRADITION 2007 : Un petit peu de sucre résiduel (17 g).Volume aromatique important, variétal, qui donne un joli vin de base. **

GEWURZTRAMINER BREITENBERG 2007 : C’est le style du terroir : volume aromatique important, et puissance en bouche. Finale longue. **

GEWURZTRAMINER ZINNKOEPLE 2007 : Le côté litchee, rose est bonifié, avec surtout un beau et long développement vertical. Joliment épicé, et somptueusement long. Un grand vin. ***

RIESLING VT BREITENBERG 2003 : Il allie une grande finesse à une grande richesse. Il présente de belles note exotiques, le tout soutenu par une fraîcheur de qualité. **

PINOT GRIS VT BREITENBERG 2005 : Moins exubérant au nez, il est également d’une grande finesse et d’une grande précision. C’est un très beau vin. ***

GEWURZTRAMINER VT GRAND CRU ZINNKOEPFLE  2006: Il a, à la fois la puissance aromatique et un développement vertical magnifique. Il est explosif, tout en affichant une grande précision bâtie sur une fraîcheur « juste ». Très beau vin. ***

PINOT GRIS SGN GRAND CRU ZINNKOEPFLE 2002 : Au nez, la minéralité remonte, s’affirme avec l’explosivité de notes exotiques : ananas, agrumes, et épicées. Toujours aussi droit et précis grâce à une fraîcheur bien en place. ***

GEWURZTRAMINER SGN GRAND CRU ZINNKOEPLE 2005 : Enorme densité avec de superbes notes miellées, miel d’orange, d’acacia, de tilleul. Il a besoin de 15 ans pour « digérer » son sucre et offrir son magnifique potentiel. C’est un monument. ***

 

Si les vins du Breitenberg sont légèrement massifs, ceux du Zinnkoepflé sont magnifiques d’expression et d’élégance, tout particulièrement les gewurztraminer. Les entrées de gamme sont remarquables également.

En ce début d’année, nous commençons les dégustations des vins qui occuperont le devant de la scène tout au long de ce millésime. Chez André Lurton, il est le temps de prendre connaissance des vins livrables.


Château BONNET blanc 2008
(Entre-Deux-Mers) Mis en bouteilles la semaine précédente, il n’était sans doute pas dans sa meilleure forme. Et pourtant…très pâle, presque incolore. Il offre un nez d’une grande délicatesse, floral (genet), fruits blancs. La bouche est également tout en légèreté et en finesse. Ce caractère est rarement atteint à Bordeaux, dont les blancs sont généralement plus vigoureux et moins fins. ***

Château CRUZEAU blanc 2006 (Pessac-Léognan) : Très pâle également. Le nez est floral également, élégant. Sa vigueur et sa jeunesse cachent un beau potentiel aromatique. A ce stade, il sera plus intéressant dans 2 à 4 ans. *

Château LA LOUVIERE blanc 2004 : (Pessac-Léognan, capsule à vis) J’ai déjà gouté ce vin pour les vingt ans de l’achat de château Dauzac par la MAIF, où il était présenté à la fois en bouchage traditionnel et en capsule à vis. Il n’y avait pas photo, la capsule présentant beaucoup plus de fraîcheur. Ici, le bois marque le nez assez nettement, dominant le fruit. La bouche présente une fraîcheur, une jeunesse, remarquables aromatiquement. Ce vin est troublant, tant il est jeune, comme si son évolution était bloquée. Les repères de garde en sont chamboulés. **

Château COUHINS-LURTON blanc 2006 (Pessac-Léognan) : Egalement très pâle. Le nez est à la fois légèrement citronné et très minéral. On y retrouve des notes de « pétrole », comme dans les grands rieslings. C’est un vin d’une grande élégance, dans un très beau millésime. Il a dix ans devant lui. ***

Château BONNET rosé 2008 (Bordeaux rosé) : Lui aussi mis en bouteille la semaine dernière. C’est un rosé très pâle, « provençal », avec une teinte légèrement  bleutée, (œil de perdrix). Le nez est explosif de fruit, cerise, framboise notamment. C’est, en bouche, un rosé parfaitement sec, sans sucre résiduel, vif, enjoué, léger. Une gourmandise. ***

Château BONNET rouge 2005 (Bordeaux) : Belle couleur. Le nez est légèrement fermé, mais jolis arômes de cerise, de framboise. La bouche est plutôt serrée, avec des tanins très fins. C’est déjà une « base » très intéressante. *

Château GROSSOMBRE DE SAINT-JOSEPH 2003 (Bordeaux) : Cette propriété appartient à Béatrice, la plus jeune fille d’André Lurton. Jolie couleur, puissante, dense. Le nez est sur les petits fruits noirs (50 % de cabernet). La bouche est chaleureuse, ample, avec des tanins encore un peu vifs. L’ensemble est un peu rustique, manquant de finesse et d’élégance, mais sa virilité peut séduire sur des mets puissants. Peut se boire sur le fruit, mais on peut encore l’attendre 1 à 2 ans.

Château COUCHEROY 2006 (Pessac-Léognan) : Bonne couleur. Le nez est assez fermé et marqué par le bois. La bouche est d’une bonne densité, avec un volume respectable et une finale qui compte une pointe d’amertume due aux tanins encore un peu fermes. Il faut l’aérer avant de le consommer, mais il se fera suffisamment pour la fin de l’été et la fin de l’année. *

Château BONNET Reserve 2005 (Bordeaux) : Très belle couleur, très sombre. Le nez est fermé, mais il transparait des notes de fruits noirs et framboise, avec une touche de bois, vanillée. Très belle matière en bouche, avec du « jus ». Tanins très fins, pour un ensemble remarquable, qui fait honneur à son appellation. A boire si on est impatient, mais surtout à garder. ***

Château TOUR DE SEGUR 2005 (Lussac Saint-Emilion) : Couleur assez marquée. Le nez est sur les fruits noirs, la cerise, avec un fond réglissé. La bouche est assez ouverte, bien que le vin ne soit pas tout à fait à boire. Quelques mois lui donneront du « poli ». *

Château LABARDE 2005 (Haut-Médoc) Rappelons que ce vin est issu d’une parcelle du Château Dauzac n’ayant pas droit à l’appellation Margaux. Belle couleur. Le nez est très flatteur, encore sur le fruit, très expressif. La bouche est assez facile et le vin offre déjà un bel agrément. C’est très bon. *

Château CRUZEAU 2004 (Pessac-Léognan) : La couleur est profonde. Le nez est marqué par un boisé assez toasté, qui lui donne des notes de torréfaction. La bouche est très dense, avec une bonne suite, et des tanins d’un grain fin. **

Château BARBE BLANCHE 2005 (Lussac Saint-Emilion) : Très puissant en couleur. Le nez est remarquablement élégant et séveux. La bouche est puissante et gouteuse, avec en fond une note de réglisse, marque du merlot bien mûr. C’est délicieux pour longtemps. ***

Château de ROCHEMORIN 2005 (Pessac-Léognan) Très belle couleur. Nez de petits fruits noirs. La bouche a une superbe structure, à la fois élégante et puissante. Les tanins sont extrêmement fins. Le château a bénéficié à plein de son nouveau chai. Le meilleur Rochemorin, qui garde sa séduction en gagnant en puissance.

LA BASTIDE DAUZAC 2006 (Margaux, 2ème vin Dauzac) : Bonne couleur, plutôt dense. Le nez est fin, élégant, avec une note de café. La bouche, structurée, garde tout son charme et se goute sur les atouts de la jeunesse mais garde du potentiel. *

Château LA LOUVIERE 2005 (Pessac-Léognan) : Couleur très puissante. Le nez est très noble au boisé bien intégré. C’est la structure, très serrée, qui impressionne par son parfait équilibre. Finale très longue. Il franchira le temps dans soucis. ***

Château COUHINS-LURTON 2006 (Pessac-Léognan) : La couleur est dense. Le nez est marqué par un boisé fin et des notes toastées, de café notamment. La bouche est élégante, d’une belle finesse. Cela pourrait à la rigueur se boire, tant il a de charme. Belle construction. **

Château DAUZAC 2002 (Margaux) : Belle couleur. Le nez est très élégant. La bouche offre une belle unité. Ce « petit » millésime ne présente pourtant pas de creux en bouche, les tanins sont bien dimensionnés et commencent à se fondre. On peut commencer à le goûter parfaitement, mais il a au moins cinq ans devant lui. **

Château DAUZAC 2001 (Margaux) : C’est tout autre chose. Sa puissance est étonnante, qui cache pour le moment une bonne partie de ses arômes. Il serait dommage de ne pas l’attendre, pour en profiter pleinement. Les tanins, de qualité sont encore bien présents. ***

Les fêtes de fin d'année sont l'occasion de déguster quelques bouteilles remontées de la cave. 'Pour ma part, remonter n'est pas le bon mot, ma "cave" est un chai, construit en surface et non enterré, où vin et conserves diverses (confits et confitures, légumes d'été, concentré de tomate) se partagent le terrain. A ce propos, j'évite soigneusement la tenue d'un livre de cave, ce qui me permet d'"oublier" des bouteilles, dont la saisie est rendue difficile par l'accumulation d'autres bouteilles, placées sciemment devant. C'est fouilli, mais ça me plait...et c'est efficace.
Donc, ces fêtes m'ont amené à extirper quelques bouteilles oubliées, parfois depuis fort longtemps. D'abord, je trouve rassurant l'état de conservation des vins, aucune de ces bouteilles n'était ni bouchonnée, ni à l'état de "vin-souvenir", cet état où on regrette de ne pas avoir ouvert la bouteille plus tôt. Je veux ici m'arrêter sur quelques-uns de ces vins.
LES LIONS DE LA LOUVIERE 1989 (AOC Graves Supérieures) : J'ai plusieurs fois entendu André Lurton raconter l'histoire de ce vin, accident de la nature : Durant les vendanges de cette année très chaude, un stagiaire était chargé de réceptionner les bennes de vendange et de peser le moûts. A un moment, il vint trouver André Lurton et lui annonça qu'il n'arrivait pas à trouver la richesse potentielle du moût car le mustimètre refusait de s'enfoncer dans le tube. André Lurton lui conseilla de mettre moitié eau et moitié jus et de multiplier le résultat par 2. Le jus avait un potentiel de 19 ° il me semble. Que faire ? Le mêler à la vendange pour qu'il se dilue dans la masse ou le vinifier à part. C'est ce qui fut choisi. André Lurton n'aimait pas l'appellation Graves Supérieures, tombée en désuétude et ayant servi à la vente de très petits vins hésitant entre demi-sec et moelleux, très souffrés, largement chaptalisés pour couronner le tout. Mais après deux ans il dut se résoudre à l'utilisation de cette appellation. Vingt ans après, à quoi ressemble ce vin ?
La couleur est ambrée / rousse, les gens non prévenus le prennent pour un rosé trop vieux. Le nez est fabuleux, très marqué par l'écorce d'oranges amères sêchées, telles que l'on peut les sentir par exemple chez Cointreau à Angers. Il s'y mêle des  senteurs d'épices orientales. En bouche, on est surpris par la légèreté de la liqueur. D'une part ce vin est issu à 100 % de sauvignon, et est donc moins gras, moins riche qu'un vin de sémillon, et ensuite on a ici du passerillage et non du botrytis. On retrouve en finale cette touche d'amertume qui peut ne pas plaire à tout le monde, mais qui ne m'a personnellement pas gêné. Il accompagna magnifiquement une terrine de foie gras mi-cuit. Ce vin original a été produit à nouveau plus récemment ; le millésime 1996 est encore trouvable. Ne le laissez pas passer.
Château SUDUIRAUT 1982 (Sauternes) : Je considère que celui qui n'a pas goûté des sauternes de 20 ans ne peut pas comprendre ces vins majestueux trop souvent sous-estimés. Bien sûr, bus jeunes ils peuvent donner du plaisir, mais on n'atteint à la véritable personnalité de ces vins qu'après beaucoup de patience. Suduiraut était à l'époque assez irrégulier dans sa production. Mais pouvait atteindre un niveau éblouissant certaines années. J'avais acheté ce 82 pour cela.
De couleur vieil or. Le nez est fabuleux, d'agrumes confits, d'épices, avec une touche d'amande. En bouche il est onctueux, sans lourdeur car le temps lui a permis de "digérer", de "consommer" une partie de son sucre. Parfaitement équilibré, long en bouche, c'est un très beau vin. Lui aussi fut un grand compagnon du foie gras, mais aussi d'un somptueux roquefort de chez Carles, dont le "bleu" est encore produit après un ensemencement traditionnel du caillé avec de la mie de pain.
Château FIGEAC 1970 : J'étais inquiet car cette bouteille était un peu basse, haut de l'épaule, et son âge vénérable. Je l'ai décanté (à la bougie) une demi-heure avant seulement car j'avais peur qu'il ne s'"évapore" rapidement. Sa couleur était assez nettement évoluée mais encore assez dense. Le nez se montre très noble, puissant et élégant, offrant classiquement des notes de sous-bois, de truffe, de havane. La bouche reste assez dense mais commence à sêcher, bien que les tanins ne soient pas agressifs. Je pense que ce vin, dans une bouteille au niveau intact, au bouchon changé, conservé au château par exemple, doit être encore tout à fait fabuleux, tant celui-ci est tout près de la perfection. La magie d'un grand terroir, et une pensée pour Monsieur Thierry Manoncourt.
GEWURZTRAMINER CUVEE DES SEIGNEURS DE RIBEAUPIERRE, F.E. TRIMBACH 1988 : Rappelons que cette cuvée est issue des grands crus Geisberg et Osterberg de Ribeauvillé. Les néophytes croient souvent que les vins blancs, les vins d'Alsace ne vieillissent pas bien. Nous en avons ici un magnifique démenti, tant les arômes qui se dégagent sont frais, miellés (acacia), fleurs blanches, agrumes, rose ancienne. L'équilibre est parfait et en fond de bouche monte une magnifique minéralité. Long en bouche, un délice.

Je vous parlerai peut-être une autre fois d'autres bouteilles dégustées dans ces occasions, mais moins originales ou extraordinaires.

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